George Rodger


De parents écossais, George Rodger est né à Hales, dans le Cheshire, en 1908. Il étudie à l'école St. Bees de Cumberland avant de rejoindre la marine marchande britannique. Sur les mers, entre 1927 et 1929 il fera deux fois le tour du monde en écrivant le récit de ses voyages, tout en apprenant en autodidacte la photographie pour les illustrer. Par la suite, il va travailler en Amérique en tant que machiniste, puis il négociera de la laine, sera monteur d'acier et pratiquera bien d'autres professions avant de retourner en Angleterre 1936.


Correspondant de guerres :

C’est à ce moment qu’il travaille pour le magazine The Listener de la BBC ainsi que pour l’agence Black Star, avant de rejoindre le magazine Life en 1939. Ses photos du blitz de Londres le font remarquer par la direction du magazine et il devient correspondant de guerre pour Life. Pendant la Seconde Guerre mondiale il fera pas loin de 75 000 km à travers l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Amérique centrale. Ce baroudeur infatigable sera en Orient et en Inde, il couvrira l'invasion de la Birmanie par le Japon, il sera des campagnes nord-africaines et italiennes, en Sicile et à Salerne où il rencontre et se lie d'amitié avec Robert Capa. Il suivra l'assaut du jour J documentera la libération de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Il sera le premier photographe à entrer dans le camp de concentration de Bergen-Belsen et à couvrir sa libération en avril 1945... En mai, il photographie la capitulation allemande à Lüneburg pour Time and Life.

Au total il a remporté dix-huit médailles de campagne couvrant les activités de la France libre en Afrique de l’Ouest et a ensuite documenté le front de la guerre en Érythrée, en Abyssinie et dans le désert occidental. Une grande partie de son voyage épique sera publiée dans le numéro d’août 1942 de Life, dans un article de huit pages.


L’Afrique :

Après la guerre, Rodger souhaite s’éloigner de la mort, de la destruction et de la violence dont il avait été témoin et quitte Life. En 1947, il rejoint Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, David Seymour et William Vandivert pour fonder l'agence de photographies Magnum, et devient correspondant du groupe pour l'Afrique. Son prochain voyage important sera un voyage transafricain allant du Cap-au-Caire, au cours duquel il va prendre des images extraordinaires de la tribu du Kordofan Nuba, photographies publiées pour la première fois dans National Geographic en 1951. Il va participer à de nombreuses expositions sur ce continent au cours de sa carrière, y compris Masaï Moran en 1979, qui présentait des photographies qu'il avait prises lors de son retour en Afrique à l'âge de soixante-dix ans.

Bien que George Rodger ait initialement simplement considéré la photographie comme un complément accessoire de ses écrits documentaires. S’inscrivant ainsi dans une approche, pour l’époque, très classique du métier constitué du binôme photographe et journaliste, il a fini par accepter la valeur descriptive et la force émotionnelle de ses images, comme élément vital à ses histoires. Afin de représenter ses expériences avec exactitude, il s'est engagé à produire des photographies droites et non manipulées qu'il a décrites comme « honnêtes et vraies ». En tant que l'un des premiers photographes européens à avoir réalisé un grand reportage en Afrique dans l'après-guerre, Rodger a réalisé des photographies permettant aux Occidentaux d'accéder à une région du monde alors pratiquement inconnue, mais de plus en plus importante aux yeux du monde.

Après avoir enregistré énormément de succès au cours de sa vie, George Rodger s’éteint à 87 ans à Ashford, dans le Kent, le 24 juillet 1995.


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