Margaret Bourke-White


Margaret Bourke-White est née le 14 juin 1904 dans le Bronx à New York, aux États-Unis et a grandi à Bound Brook, dans le New Jersey. Son père, Joseph White, était ingénieur-designer pour l'industrie de l'imprimerie et sa mère, Minnie Bourke White, travaillait dans l'édition. Ses parents l'ont encouragée tôt à se fixer des objectifs élevés. En 1922, elle commence à étudier l'herpétologie (étude des reptiles et des amphibiens) à l'université de Columbia à New York. Elle a ensuite développé un intérêt pour la photographie après avoir étudié avec Clarence White, un leader de l'école de photographie. En 1925, elle épouse Everett Chapman. Elle a réalisé une étude photographique du campus rural pour le Cornell Alumni News et a changé de collège plusieurs fois avant d'obtenir son diplôme à l'Université Cornell en 1927. Puis elle a déménagé à Cleveland, dans l’Ohio, pour entreprendre une carrière dans la photographie.


Devenue célèbre photoreporter, Margaret Bourke-White, a su s’imposer dans un milieu majoritairement masculin. Il faut préciser qu’elle était talentueuse, elle prenait des risques et devenait plus efficace que certains de ses collègues masculins. Au cœur d’événements historiques majeurs, elle a transmis des images parmi les plus marquantes du XXe siècle, dont certaines sont devenues des icônes. Fille d’un ingénieur photographe amateur, elle perfectionne sa pratique acquise à l’université du Michigan et commence à vendre quelques photographies de style pictorialiste en 1924. Deux ans plus tard, après son divorce, elle reprend ses études, puis obtient son diplôme à l’université Cornell en 1927. Dès lors, elle entame une carrière de photographe d’architecture à Cleveland. Sa production de l’époque présente de grandes affinités, avec celle du courant américain de la « straight photography », initié par Paul Strand, la photographie pure désigne un style tentant de dépeindre une scène de façon aussi réaliste et objective que possible, renonçant à toute manipulation. Elle est également proche du mouvement moderniste européen lancé par Laszlò Moholy-Nagy. Ses photographies « pures », réalisées dans les aciéries de la Otis Steel Company entre 1927 et 1928, exaltent la machine et l’industrialisation dans un contexte de fierté nationale. Sa réussite commerciale lui permet d’ouvrir un studio à Cleveland, dont le musée d’Art récompense les images industrielles en 1927.


Margaret Bourke-White débute dans le photojournalisme grâce à l’éditeur américain Henry Luce, qui l’engage en tant que rédactrice associée pour illustrer le premier numéro du magazine Fortune, paru en février 1930. Forte de ses récents succès, elle emménage dans le Chrysler Building en 1930. La même année, elle séjourne cinq mois en URSS, envoyée en mission où elle photographie des installations industrielles, les différents chantiers des plans quinquennaux en cours, et se familiarise avec la rhétorique visuelle photographique de la propagande soviétique. Ses clichés de Russie, publiés dans Fortune, font l’objet d’un ouvrage : Eyes on Russia (1931). Ainsi l'armée soviétique vue à travers ses yeux devient un classique de la photographie américaine et mondiale. En juin 1941, un mois après son arrivée à Moscou, la grande guerre patriotique commence, Burke-White est le seul photographe étranger présent dans la capitale. Tout au long de l'été, elle va fournir à Life des images uniques d'opérations militaires en URSS.


Au début des années 1930, elle collabore avec des agences de publicité et de nombreuses sociétés : ainsi, en 1934, elle est chargée de réaliser le décor photographique mural de la rotonde du Rockefeller Center à New York. Vers 1935-1936, elle commence à s’intéresser aux individus dans leur environnement – leur présence était rare ou complètement écrasée par les machines dans ses premières photographies. C’est en compagnie de l’écrivain Erskine Caldwell, fameux chroniqueur de la misère du sud des États-Unis, que Margaret envisage son travail sous un angle plus social. En 1936, en marge du projet de la Farm Security Administration chargée d’aider les paysans touchés par la Grande Dépression, ils sillonnent les États du Sud, afin de documenter et dénoncer les injustices du métayage et la paupérisation des zones rurales. En 1935, elle rejoint Life, et en 1936, le magazine lance son premier numéro, avec, en couverture, une des photographies de Bourke-White : Fort Peck Dam, Montana 1936 (« Le barrage de Fort Peck, Montana 1936 »). Leur collaboration aboutit à la publication d’un des livres les plus vendus à l’époque, You Have Seen Their Faces (« vous avez vu leurs visages », 1937). En 1937, une de ses photographies les plus célèbres a été publiée dans Life : « Bread Line during the Louisville flood, Kentucky 1937 » On y voit des victimes noires de l’inondation à Louisville, formant une colonne pour percevoir du pain, sous un panneau d’affichage représentant une famille blanche souriante dans une voiture. Le titre du panneau d'affichage était : « Le niveau de vie le plus élevé au monde - il n'y a pas moyen de suivre la voie américaine ». A partir de 1939, Life l’envoie régulièrement à la chasse aux « scoops » en Europe.


En 1941, à l’occasion d’un nouveau voyage en URSS avec E. Caldwell, qu’elle a épousé en 1939, elle se retrouve seule photographe étrangère à assister au bombardement de Moscou par les Allemands. Elle publiera un récit passionnant de cette expérience : Shooting the Russian War 1940 (« photographies de la guerre en Russie 1940 »). À partir de 1942, elle est l’unique femme correspondante de l’armée américaine sur le front européen. En 1945, alors qu’elle suit le général Patton à travers l’Allemagne, elle est la première femme accréditée par l'armée américaine en tant que correspondante de guerre, elle photographie les villes en ruine ainsi que les camps de concentration récemment libérés, dont celui de Buchenwald. Elle est à ce titre l’un des tous premiers photographes à entrer et à documenter l’un des camps de la mort. Ses photos étaient si convaincantes que Life va aller jusqu’à briser sa tradition d’éviter les aspects horribles de la guerre en les publiant sous le titre « The Living Dead of Buchenwald ». Puis elle continue de parcourir le monde pour Life. En Inde, elle couvre les événements politiques de 1946-1948 et prend une autres de ses photographies les plus célèbres : « Mahatma Gandhi, the Spinner, India 1946 ». Elle rapporte d’Afrique du Sud ses désormais célèbres portraits de mineurs d’or, réalisés entre 1949 et 1950 ; elle photographie la guerre de Corée en 1951 et 1952. En 1955, la célèbre exposition d’Edward Steichen, « Family of Man », inaugurée au Museum of Modern Art à New York, présente ses œuvres. Au milieu des années 1950, Margaret découvre qu'elle est atteinte de la maladie de Parkinson, elle décide de se retirer progressivement de la photographie professionnelle. En 1963, elle publie son autobiographie, Portrait of Myself, best-seller aux États-Unis ; puis elle prend sa retraite officielle en 1969. Margaret Bourke-White décédera 2 ans plus tard dans le Connecticut, en 1971. Son fonds d’archives est conservé à l’université de Syracuse (New York).


Vous trouverez des informations reprises dans cette biographie et quelques images sur Margaret Bourke-White ici : https://awarewomenartists.com/artiste/margaret-bourke-white/


Quelques unes de ses photographies sont dans le portfolio :