Paolo Pellegrin


La naissance d’un reporter :
Paolo Pellegrin est né en 1964 à Rome, en Italie. Après des études d’architecture, il se consacre à sa véritable passion, la photographie. Il étudie à l'institut de photographie de Rome entre 1985 et 1987 et devient l’assistant de différents photographes. En parallèle, Paolo Pellegrin développe ses propres projets personnels. Débutant dans la photographie commerciale et industrielle, Paolo est insatisfait et souhaite changer de d’orientation. Ainsi, il se tourne vers le photoreportage et s’intéresse à des sujets très variés comme l’immigration, le sida, le terrorisme ou le vaudou… Il commence à travailler comme photojournaliste international pour des publications diverses et pour les agences VU et Grazia Neri. Il parcourt le monde et photographie la pauvreté, les guerres ainsi que de grands malades atteints du choléra ou du sida. Il remporte le prix du World Press Photo et le prix Kodak du jeune photographe pour son reportage sur le sida en Ouganda, réalisé en 1995. Il sera également Visa d’Or à Perpignan, l’année suivante. En 1999, il est au Kosovo pour témoigner de l’exode des Albanais. Plus récemment c’est en Israël que Paolo Pellegrin est le seul photographe autorisé à suivre l’armée dans une mission secrète. Sa carrière fait un grand pas au début 2000 quand il signe avec le magazine Newsweek. Témoin de son époque, il couvre tous les événements majeurs tels que les funérailles de Yasser Arafat ou le tsunami en Indonésie, les conflits en Bosnie, en Irak, ou encore au Soudan…

Un intérêt pour tout :
Il est nommé à Magnum Photos en 2001, en devient membre en 2005 et reçoit de nombreux prix pour ses reportages, parmi lesquels fait rarissime, dix prix au World Press Photo. Fort de sa collaboration avec Magnum, il couvre l’après ouragan Katrina en 2005. Pellegrin est actuellement photographe sous contrat avec le magazine Newsweek, il vit entre Rome et New York. Paolo est sans aucun doute l’un des plus grands photoreporters actuels, même si curieux de tout, il a étendu son travail à de multiples sujets : portraits, mode, paysages, nus… Sa collaboration avec Newsweek l’amène à photographier les personnes influentes d’Hollywood telles que Brad Pitt, Mickey Rourke, Kate Winslet, Penelope Cruz ou encore Sean Penn qui posent pour lui. En se faisant, il ignore les conventions, et les clichés dans un monde où l’on aime définir les artistes en les classifiant. Dans son cas cela devient vite très compliqué vu la variété, la qualité et la puissance de ses images. De mon côté j’ai décidé de m’attacher à son travail de reporter et plus particulièrement à ses clichés en noir et blanc, sachant qu’il pratique également la couleur. Cette approche n’est pas réductrice mais elle permet de mieux parler d’une facette importante de sa carrière et d’éviter de s’éparpiller tant son parcours est riche et varié. Le style Pellegrin est assez ambigüe comme ses prises de vue d’ailleurs, il montre sans arrangement la mort, la guerre, la malnutrition ou des paysages dévastés. Ses images en noir et blanc sont très saturées. Les cieux sont chargés, il aime jouer avec les reflets, les visages qu’il présente sont très expressifs... Sa technique est admirable et le point de vue du photographe sans concession. Paolo Pellegrin est également l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels Cambogia (Federico Motta Editore, Italy, 1998), As I Was Dying (Actes Sud, France, 2007), ou encore Dies Irae (Contrasto, Italy, 2011).

Pour découvrir l’étendue de son travail, je vous dirige vers le site de l’agence Magnum : http://www.magnumphotos.com/