Anne Berry


Derrière la vitre :

Anne Berry a grandi à Atlanta, elle passe durant plusieurs années ses vacances d’étés au Lac Burton, sur la Rivière Flint à Sumter Co. Ou en Géorgie et dans les îles Barrier en Caroline du Sud. Elle aime les endroits sauvages non encore pollués par le développement industriel envahissant mais c’est aussi une notion primordiale pour exercer dans les meilleures conditions sa passion. Effectivement, Anne photographie les animaux pour mieux les faire connaître du grand public, et aussi pour tenter de faire passer leur message et montrer la place importante qu’ils ont dans notre écosystème. Par exemple elle réalise une série impressionnante sur les petits et grands singes qui illustre toutes ces ambitions. Il s’agit d’une série intitulée « Derrière la vitre » (Behind glass). Ses photographies sont profondes car elles génèrent une compassion, de la peine et de la pitié pour celui qui les découvre. Ces images ont un réel pouvoir attendrissant et véhiculent beaucoup d’émotions ainsi qu’une prise de conscience sur le sort qu’endurent les animaux captifs. D’ailleurs chaque cliché laisse entrevoir des expressions de mélancolie, voire de grande tristesse chez ces animaux, tristesse due à leur captivité. Elles présentent également un aspect assez inattendu venant de singes toujours prêts à bondir et à s’amuser quand ils sont au grand air. Ce que veut également nous montrer Anne Berry, c’est le paradoxe qui existe chez l’homme qui aime observer la nature, mais qui s’isole du monde animal en enfermant différentes espèces sauvages dans des zoos. Par ailleurs elle aimerait également que son travail produise une prise de conscience et qu’il ait au moins pour conséquence de modifier l’habitat des animaux sauvages en captivité. Pour cela, bien qu'elle ait pris ces images en numérique, elle a convertis ses photographies en noir et blanc pour renforcer l’effet nostalgique et a tenu à conserver les saletés des cages de verre ou de plexiglas.


La conscience animale :

Dans une autre série « Cheval », (Equine) elle explore les vies des chevaux, elle tente d’explorer l’intérieur de ces équidés et de faire passer la beauté de leur âme, de l’immortaliser sur la pellicule. Elle souhaite par son action rappeler aux gens qui verront son travail qu’il est essentiel de ne pas laisser se perdre la connexion entre l’homme et l’animal. Pour faire passer ce message elle a choisi les chevaux car elle rappelle qu’historiquement dans l'art et  les mythes, le cheval plus que n’importe quel autre animal a le pouvoir de raviver les souvenirs de cette relation importante et privilégiée. Les chevaux et les ânes de cette série sont dans des situations rurales ou errent librement comme des animaux sauvages. Le rapport qu’a le cheval avec la terre est aussi clair et évident que la relation qui existe entre l’homme et l’animal. Même si le cheval ne pose pas directement comme le ferait un modèle, il est conscient de la présence de l'appareil et du photographe. La prise de ces images a exigé beaucoup plus de patience et de compréhension réciproque qu’on pourrait le croire. Anne espère qu’en regardant ces images le spectateur entendra la mélodie intérieure du cheval. Ce dernier espère selon elle que l’homme considère la place de l’animal dans l’environnement. Le message que cette série veut transmettre est de savoir découvrir l'âme de l'animal pour comprendre le sens de son regard et lui prêter des mots.


La sauvegarde de la cause animale :

Elle est toujours intéressée par les projets de photographes qui aident à la sauvegarde de la cause animale. Anne au travers de son travail soutient la cause de différentes organisations protectrices des animaux de plusieurs manières. Elle réalise des photographies qu’elle offre en exclusivité aux associations qui luttent pour la défense des animaux. Elle leur offre le droit d’utiliser ses images comme elles l’entendent, et leur procure également gratuitement une licence. De son côté, elle utilise ses autres images pour interpeler la conscience collective lors d’expositions et d’actions menées dans différents magazines et sites web.


L'amour de l'argentique :

Anne Berry utilise une combinaison de matériels anciens et nouveaux, elle prend aujourd’hui ses images principalement sous forme digitale, mais garde ses habitudes de travail sur du film photo. Si bien qu’à la prise de vue elle est exclusivement en mode manuel et ne regarde jamais le résultat à l'écran de son boîtier. Une fois sur carte, elle convertit ses clichés en noir et blanc et les manipule comme elle l’aurait fait dans une chambre noire. Pour elle le monochrome aide à attirer l’attention sur ce qui est essentiel, sans couleur, la forme devient l'aspect le plus important de ses images. Elle pense également que l'absence de couleur enlève la situation de la réalité et l’aide à souligner une certaine valeur spirituelle. La qualité de ses compositions et leur aspect nostalgique viennent de ses objectifs et de ses choix d'ouvertures. Elle utilise des objectifs « d'époque » et les fait adapter à son boîtier numérique. Elle utilise beaucoup la très courte profondeur de champ qui lui permet de faire abstraction des détails non essentiels. Anne commence à être reconnue depuis fin 2010, elle aura plusieurs récompenses en 2011 et en 2012.


Vous pouvez voir une partie de ses réalisations sur son site http://anneberrystudio.com/ et suivre son travail sur son blog http://www.anneberrymenagerie.com/


Quelques unes de ses photographies sont dans le portfolio :