Bruno Mercier

L’illustration :

Bruno Mercier est un photographe professionnel français qui vit en Normandie à Carteret, c’est une petite ville du bord de mer située dans la presqu'île du Cotentin, et qui fait face à l'île de Jersey. C'est un endroit merveilleux pour exercer sa passion et aussi pour y vivre, j’imagine... Connaissant moi-même cette région, je peux vous affirmer que la lumière normande a quelque chose de très spécial. Les cieux y sont étonnants, surprenants, car toujours différents, les nuages dont les rais percent leur épaisse toison cotonneuse rendent l’atmosphère très particulière et enviée de tout photographe de paysages marins. La Presqu'île du Cotentin a de tous temps inspiré les créateurs d'images de nature. Et justement, cela tombe à pic, car Bruno fait partie de ces amateurs d’air salin et d’ambiances iodées ! Ses premiers pas photographiques ont lieu durant son enfance. Son père, lui-même passionné de photographie l’entraînait sur les chemins escarpés des Alpes l'été, et le conviait ensuite à l'alchimie révélatrice de son labo pour découvrir le résultat de leurs randonnées interminables. Puis Bruno étudie l'architecture et dans les années 80 sa vie professionnelle prend le dessus, il devient illustrateur et auteur de bandes dessinées à la fois pour des magazines et des maisons d'édition. Il s’éloigne alors de la photographie mais apprend l’art de la composition et du cadrage, il s’initie à utiliser la lumière, le contraste et la densité. Il s’applique surtout à raconter des histoires et, nous le verrons, tout cela va constituer son bagage photographique et lui sera fort utile dans sa démarche quelques années plus tard.

Avec le temps, les commandes en couleur marquent une rupture progressive avec ses travaux initiaux dessinés en noir et blanc. Mais Bruno a toujours cette nostalgie du noir et blanc avec lequel il s’est fait connaitre dans le milieu de la BD et de l’illustration. Le dessin couleur a été lié a des travaux commerciaux très éloignés de son style d'origine, si bien qu’il a du forcer sa main pour y arriver et n'a plus su retrouver le style de ses débuts lorsqu’il l'a souhaité. Il déclare à ce sujet : « Des années de dessins animés de BD dans un style Pif/Mickey/Asterix m’ont "bousillés" la main, aujourd'hui si je prends un crayon c'est ça qui vient sous le crayon et non plus mon trait originel. La photo a su palier cette énorme frustration, mais je reste un dessinateur beaucoup plus qu'un photographe. » Bruno est resté assez longtemps éloigné de la photographie, rechignant même parfois à effectuer lui-même certaines prises de vue dont il avait besoin pour l’exercice de son métier. En tant qu’illustrateur, il a toujours éprouvé une grande admiration pour le travail des graveurs du XIXème, comme Gustave Doré. Et dans son cœur de métier il admire les dessinateurs américains, comme Bernie Wrightson, célèbre auteur de Comics. Ses planches monochromes sont de véritables petits bijoux, joyaux à la fois sombres et lumineux, légers et gras, ils font passer une multitude d’émotions et ne laissent pas le spectateur insensible. C’est sûrement une explication plausible pour le goût prononcé de Bruno pour le noir et blanc. Ce révélateur épuré à la fois simple et complexe, permettant de mettre en relief sans perturbation de la couleur, des paysages tourmentés, influencés par les éléments, le dynamisme des mouvements et des formes que les lignes de fuite suggèrent...

Bruno Mercier revient vers la photographie en 2006 quand il achète un reflex numérique. De là il retrouve dans l’image, et surtout dans le noir et blanc, tout ce qu’il aime. « C'est quand j'ai réussi à faire revenir mes influences de dessinateur, mon goût pour la lumière que je me suis mis à aimer la photo, ce n'était pas gagné, car je n'étais pas du tout un grand fan de photo, je ne le suis toujours pas, mon truc c'est de faire des images, le medium que j'utilise m'importe peu. J'ai plus envie de raconter des histoires, dire des choses, faire parler les noirs et la lumière que de faire de la photo qui pour moi n'est qu'un moyen et que depuis quelques années j'ai appris à aimer, à découvrir. Mais c'est très récent. » Confiera t-il. Ce retour aux sources, cette boucle bouclée sont pour lui un nouveau départ, une sorte de révélation qui sommeillait en lui depuis ses déambulations sur les sentiers des Alpes.


L'esprit de son œuvre :

« De lumière et de vent » est le nom que Bruno Mercier donne à ses travaux qui expriment des émotions qu’il tente de partager à travers mes images. Il prend plaisir à figer cette nature préservée et sauvage, les paysages y sont contrastés, la physionomie évolue selon les moments de la journée, en fonction des marées et des vents marins, c’est un bouleversent permanent des décors et par la même occasion des sens du spectateur. Le premier spectateur c’est lui, ensuite  en second lieu, c’est nous. Une fois qu’il nous livre ses belles images, une fois qu’il a joué son rôle d’intermédiaire entre mère nature entre terre et mer… Et nous devant nos écrans ou devant le papier glacé d’un de ses livres, ou encore, face aux images accrochées à la verticale sur les murs des lieux d’expositions qu’il fréquente également assidument nous sommes la finalité de son travail photographique. Bruno ne souhaite pas nous imposer un paysage, il n’a pas envie de nous montrer « la réalité », non ; il préfère largement se voir comme un relais permettant à chacun de faire travailler sa propre imagination.

L’interprétation artistique et surtout l’émotion sont les sentiments qui intéressent l’artiste dans son œuvre. D’ailleurs il déclare : « Photographier, pour moi, ne consiste pas à reproduire le monde. Je ne suis pas vraiment intéressé par reproduire une copie exacte de ce que je vois sur le terrain. En fait, je préfère largement permettre la suggestion plutôt qu’être dans la description. C’est sûr que tous les éléments de mes photos existent, et tout le monde peut facilement les voir, mais mon objectif est d'offrir des catalyseurs à la propre imagination de chacun. Je suis généralement attiré par des endroits où les histoires peuvent avoir lieu, où l'imagination peut être boostée… Mon but dans mon travail photographique n'est pas de produire quelque chose de décoratif, mais juste de partager un sentiment poétique afin de nourrir l'imagination ». Et justement quand on regarde dans la globalité le travail de Bruno on ne peut s’empêcher de remarquer l’absence de vie animale et humaine dans ses clichés. Dans une interview que j’ai pu lire Bruno s’explique sur cette question, et vous allez le voir sa réponse est à la fois étonnante mais assez logique, compte tenu de son approche globale de son art. Il déclare : «  En fait,  cette impression n'est pas exacte, parce que je considère le spectateur comme faisant partie intégrante de mes compositions. Mes photos sont comme une invitation à entrer dans le monde que je montre. Le spectateur est donc le sujet principal au même titre que l’histoire que je raconte. J'essaie juste d’ouvrir une fenêtre sur ses rêves ».


Techniques, matériels et performances :

Les images en noir et blanc de Bruno Mercier sont sombres, contrastées, ténébreuses, tourmentées et dramatiques. Elles donnent l’impression d’une invitation à la méditation, tant l'intensité des noirs et des blancs distribuent les plans successifs de la lumière et des ténèbres. On a une sensation d’argentique, son travail sent bon le révélateur et pourtant au niveau équipement, bien qu’ayant commencé avec un Hasselblad, Bruno est aujourd’hui passé définitivement au reflex numérique. Il commence tout d’abord avec un Canon 350D et utilise parfois encore un 30D pour son petit capteur. Mais depuis 2008 il travaille avec le 1DS MkII, boîtier qu’il adore. Il shoote toujours en RAW avant de convertir ses fichiers en noir et blanc sous Lightroom. Puis il les reprend sous Photoshop afin de préparer le fichier pour l'impression. En général, avant l'impression il opère un post traitement simple et rapide en renforçant simplement les contrastes. Tous ses tirages sont imprimés sur une Epson PRO Fine-Art UltraChrome K3 à base de pigments. Il utilise deux types de papiers photo, de l’Epson Mat Archive pour les expositions et l’édition, et du Photo Rag 308 Hahnemühle pour les tirages limités et signés qu’il vend sur www.pixydream.com.

Dans la presse écrite, Bruno Mercier est régulièrement mis à l’honneur. Ainsi il parait tantôt dans Déclic Photo, Phot’art international, Blur, Chasseur d’Images, JPG, Foto, Bulb ou Deviant Art… De nombreux reportages sur ses différentes expositions sont également passés sur FR3. Justement en matière d’expositions je vous invite à vous rendre sur le site de Bruno afin de prendre connaissance de la longue expérience acquise en la matière, et ce, en relativement peu de temps. Tout lister serait impossible et n’aurait que peu d’intérêt mais il a déjà exposé en à peine 6 ans en France, en Suisse ou en Italie … Il fait également partie du « Collectif 8Reg'Art » avec les photographes Alain Etchepare, Philippe Mougin, Michel Rajkovic, Julie Rey, Xavier Rey et Ebru Sidar. Collectif dont j’ai déjà parlé il y a peu de temps quand j’ai eu le plaisir d’interviewer Xavier Rey. Enfin, je vous indique d’ores et déjà quelques expositions futures à ne pas rater comme celle intitulée « Blind Memory » qui se déroulera à Cherbourg du 1er au 29 juin 2014 dans le cadre des Commémorations du 70e Anniversaire du Débarquement et de la Libération. Avant cela, entre le 3 et le 18 mai 2014, il sera à Nancy avec la même exposition à l’occasion de la 18e Biennale Internationale de l'Image. Du 20 mars au 27 avril 2014 son exposition rendra visite à Metz. Bruno sera également présent au Salon du Livre de Les Pieux les 8 et 9 mars 2014 et participera au 34e Salon du Livre de Paris du 21 au 24 mars 2014. A la vue de ce programme à horizon mi saison 2014, cette année s’annonce aussi riche que les précédentes !


Vous pouvez retrouver les travaux de Bruno sur son site photo http://www.brunomercier.fr/ et sur son blog http://brunomercier.blogspot.fr/ ou sur sa Fanpage Facebook https://www.facebook.com/pages/Bruno-Mercier/


Quelques unes de ses photographies sont dans le portfolio :