Mitch Dobrowner


La photo sur le tard :

Mitch Dobrowner est un photographe américain spécialiste des paysages en noir et blanc, il est né à Long Island, New York, et vit actuellement en Californie à Studio City, près de Los Angeles. Il a une femme Wendy, deux garçons Jason et Joshua et une fille Asia, elle même mariée. Enfant il s’est vite senti perdu à l’adolescence, et a rencontré pas mal de problèmes qu’il a tenté de noyer dans la drogue. Ses parents s’en sont beaucoup fait pour lui. Pour essayer de lui changer les idées, son père l’éveille à la photographie en lui offrant un Argus, un vieil appareil télémétrique argentique. Curieux, il découvre et s’intéresse aux travaux du photographe et écologiste Ansel Adams et aussi à ceux réalisés par Minor White. Il découvre grâce à eux le sud ouest des Etats-Unis par le biais de leurs images. Un tel coup de foudre pour l’endroit qu’à 21 ans, il abandonne famille, travail et amis et part pour New York. Là bas il fonde une famille commence une nouvelle vie, créé sa propre agence de design  et s’enfonce dans les tâches d’un dirigeant d’entreprise de sorte que son appareil photo reste rangé dans sa boite. Ce n’est que récemment, en 2005, qu’il va reprendre en main ses objectifs, son boitier et sa passion pour l’image, toujours impressionné par la force d’une image en noir & blanc. Dès lors il se fixe l’objectif de rattraper les années perdues, même s’il ne rêve plus uniquement des clichés d’Ansel et de Minor, mais aussi de ceux de Nick Brandt, qui à ses propres dires, l’inspirent beaucoup. Une preuve d'évolution et de maturité, l'enfant jadis émerveillé est devenu à son tour un grand du noir et blanc ! Ce photographe est un amoureux des grands paysages et des bouleversements qui peuvent opérer lorsque la nature décide de se réveiller.


Une approche simple et classique :

Aujourd’hui grand amoureux du Sud-ouest il passe beaucoup de temps à penser ses projets ensuite il les met facilement en œuvre. Il est persuadé qu’il faut aimer de que l’on fige ainsi les images viennent du cœur et cela se ressent. Mitch passe beaucoup du temps à observer l'environnement et à apprendre sur lui. Il est attentif aux conditions météorologiques, il entre littéralement en fusion avec son sujet et ainsi le fige à sa façon. Il fait ses repérages puis le jour venu il se positionne au meilleur endroit qu’il a repéré et attend que l'éclairage naturel et les conditions météorologiques soient réunis pour que Dame nature lui montre ce qu'elle a à lui offrir. Il ne travaille qu’en noir et blanc car la couleur lui parait trop réelle et présente dans la vie de tous les jours tandis que le monochrome est une façon d’interpréter la réalité comme il la voit et la ressent. Car Mitch ne juge pas son travail comme de la simple photographie de paysages. Il pense que c’est un exercice plus complexe qui demande de maitriser la lumière, les formes et qui implique surtout de réussir à capter l’intensité dramatique qui est dans chaque lieu à un moment bien précis. Il souhaite réussir à figer ce que son âme a ressenti et surtout à faire passer l’émotion qui l'a touchée au moment précis où il a déclenché. Techniquement, issu de formation classique argentique avec développement en chambre noire il utilise aujourd’hui le traitement numérique comme il l’aurait fait sur un film. Ainsi il apporte juste les réglages minimum de base à ses images, luminosité et contrasté dans Photoshop comme il l’aurait fait dans une chambre noire.


Tempêtes et paysages :

Il notamment remporté en 2012 l’Iris d’or des Sony World Photography Awards. Sur plus de 100 000 clichés envoyés, ce sont les siens qui ont fait l’unanimité. Le photographe s’est distingué grâce à une série de photographies en noir et blanc intitulée « Storms » dans laquelle il présente des prises de vue de phénomènes météorologiques impressionnants. Il prend un instantané d’un déchaînement naturel imminent. Ainsi, tourbillons, orages, éclairs, cieux chargés, tornades grandissantes, nuages menaçants et tempêtes sont ses sujets principaux. Mitch est prêt à tout pour faire de belles images. Y compris flirter avec  l’œil du cyclone ou les vents d’une tornade. Alors de son emplacement méticuleusement choisi, appareil en main, il attend que veuillent bien commencer le grand bal des nuages. Dans un entretien accordé au Los Angeles Times, Mitch en dit plus sur sa perception des phénomènes naturels qu’il considère comme des êtres vivants : « Je vois les tempêtes comme des choses qui vivent, qui respirent. Elles naissent quand les conditions sont bonnes, elles gagnent de la puissance quand elles grandissent, elles se battent contre leur environnement pour rester en vie, elles changent de forme et deviennent matures, et finalement, elles vieillissent et meurent. C’est quelque chose qui nous est familier. » Pour pister ces phénomènes, Mitch est accompagné du chasseur de tempêtes, Roger Hill. Son homme de confiance lui permet d’approcher avec sérénité une tornade de grande puissance, un ouragan qui se profile à l’horizon ou qu’orage lui dévoile ses éclairs. La galerie Gadcollection située à Paris réunit quelques unes de ses merveilles, vous pouvez les voir sur place et même les acheter sur http://www.gadcollection.com/

Il réalise aussi de magnifiques clichés de paysages comme ceux illustrant une série sur les principaux monuments naturels des parcs nationaux des Etats-Unis. Il fait aussi quelques paysages urbains de villes englobées dans une nature toujours présente. D’ailleurs il pense continuer encore au moins un an son travail dans le Sud-ouest. Mais dès l'année suivante il a envie d’aller photographier le Grand Staircase, Canyonlands et l’est de Sierra Nevada. Il a aussi comme ambition de commencer un nouveau projet de chasse aux tempêtes dans le nord de Tornado Alley. Il est difficile d’expliquer ce que l’on ressent en voyant ses clichés, mais ils véhiculent l’immensité de la nature par rapport à la petitesse de l’homme. Ils montrent le côté menaçant que peuvent avoir les éléments et nous donnent d’énormes sensations. D’ailleurs il résume justement son travail ainsi : « Dans la photographie de paysages, il y a des moments qui ne vont plus jamais se reproduire. Je veux que mes images communiquent cela. »


Le site de Mitch est un dépaysement garanti, il invite au voyage et à l’amour du noir et blanc qui sublime ses paysages : http://www.mitchdobrowner.com/