Martin Edward Elkort


Martin Edward Elkort est un photographe américain né à New York City en 1929, il a grandi au milieu de la Grande Dépression. Il prend sans le savoir ses premières photographies professionnelles à l'âge de 10 ans, lors d'un voyage en voiture avec sa famille sur la route de Baltimore, il photographie les  rues inondées. Le journal « Baltimore Sun » lui achète ses clichés de voitures submergées pendant cette inondation et les publie en première page. C’est à partir de ce moment qu’il est accroché par la photographie. A l'âge de 15 ans, Martin est touché par la polio, il passera 4 mois à l'hôpital. Quand il rentre chez lui, ses parents lui ont acheté son premier Ciroflex, une double caméra reflex, qui leur a coûté environ le salaire d'une semaine de l'époque. Après son rétablissement, il se met à arpenter Manhattan et à prendre des photos de tout ce qu’il y voit.

Après ses études de peinture à la Cooper Union de New York, Martin rejoint la photo League de New York, une organisation de photographes qui a servi de base au mouvement documentaire de la photographie américaine. Il étudie auprès de maîtres comme Paul Strand, Aaron Siskind, Sid Grossman, Lou Stoumen, Imogen Cunningham, Weegee et bien d'autres grands photographes… Il apprend à devenir adepte de ce qu'il appelle « La photographie furtive », la photo volée comme on dirait aujourd’hui. Avec son appareil photo autour du cou, il se promène tout en scrutant dans le verre dépoli de sa caméra 2×2 pouces. Il développe l'habileté de marcher jusqu'à une personne et de la prendre en photo sans même qu’elle s'en rendre compte. Son but était de capturer l’optimisme et l'innocence de cette période d'après-guerre. Pendant cette période, il a travaillé à Wildenstein & Company Galerie où il a encore amélioré sa connaissance photographique et sa technique. Ses premières photographies en noir et blanc de la légendaire série « Lower East Side » montrent la diversité ethnique dans les rues et les ruelles surpeuplées de New York. Le parc d'attractions de Coney Island à Brooklyn est alors l’un de ses sites préférés où il sévit durant cette période. Son travail va peu à peu s’étendre géographiquement et il prendra des scènes des rues du centre-ville de Los Angeles et de Tijuana au Mexique. Tout au long de sa longue carrière, Martin Elkort a toujours montré sur ses images candides, le côté positif de la vie et ses aspects joyeux.

En 1948, Elkort montre à Edward Steichen ses photos de garçons juifs jouant dans les rues. Alors conservateur de la photographie au Musée de New York d'Art Moderne et probablement le plus célèbre photographe de l'Amérique à l'époque Steichen n’est pas emballé par ses photos. Il lui dit directement que ses images ne sortent pas du lot de ce que lui proposent les autres photographes amateurs du pays. Abattu mais déterminé, Elkort travaille sans relâche pour améliorer sa technique. Deux ans plus tard, il rencontre de nouveau Steichen, et cette fois, le célèbre conservateur lui achète trois de ses images pour la collection du musée : « Soda fountain girl », « Puppy love », et « Girl with cat », trois images mythiques qui représentent les enfants de Coney Island. Puis Martin Edward Elkort va diversifier ses sujets de reportages. Par exemple en 1951 ses photographies montrent des immigrants juifs tout juste libérés en apprentissage à la Bramson ORT école de Brooklyn (Organisation de Reconstruction et de formation). Ces images offrent un aperçu rare et intime des efforts et de l’optimiste de ces gens pour s'intégrer dans la société de l’après guerre. Certains de ses clichés montrent des travailleurs juifs portant des tatouages attestant de leur incarcération dans des camps de concentration nazis pendant l'Holocauste.

Après son mariage en 1953, il réalise qu'il ne pourra pas subvenir aux besoins de sa famille avec la photographie, il cherche alors d’autres moyens de gagner sa vie. Il déménage au Nouveau-Mexique, où il devient critique d'art et photographe pour le Nouveau-Mexique Magazine pendant plusieurs années. Il déménage avec sa famille à Los Angeles dans les années 1960 et passe quelques temps en Alaska, puis il revient à New York pour travailler dans l'industrie du Voyage. Il prend sa retraite en 1996, et après avoir reçu un appareil photo numérique pour son 70e anniversaire, son intérêt pour la photographie refait surface. Il écrit plusieurs livres et montre son travail dans des galeries à travers tout le pays. Aujourd’hui il vit à Los Angeles avec sa femme où il continue de pratiquer la street-photographie. Il écrit aussi des articles sur la photographie pour le Télémètre et le Black & White Magazine. En 2002, il co-fonde la Ligue de Los Angeles de Photographes avec David Schulman et David Stork. Il s’inspire du modèle de la Photo League de New York, avec comme missions d'exposer au grand public de valeurs sociales, politiques et esthétiques essentiels de la photographie. En 2014, le travail de Martin Elkort est largement exposé dans des collections permanentes au Musée d'Art Moderne, au Getty Museum, au Musée des Beaux-Arts de Houston, au Musée de l'Holocauste de Washington DC, au Musée juif de Brooklyn ainsi que dans de nombreuses galeries et collections privées.

Pour découvrir le travail photographique de Martin Elkort, je vous invite à parcourir son site : http://www.martinelkort.com