André Kertész


Andor Kertész est né le 2 juillet 1894 à Budapest en Hongrie, où son père, libraire, fait partie de la bourgeoisie juive. En 1908, son père meurt et il est confié à un tuteur qui travaille à la Bourse de Budapest, où il sera lui-même employé de 1912 à 1914, après avoir suivi des études. En 1913, il achète son premier appareil photo, un ICA format 4,5 × 6 cm. Il découvre alors la photographie de façon instinctive et passionnée, ses proches et la vie quotidienne constituent ses premiers sujets.


En 1914, mobilisé dans l'armée austro-hongroise pendant la Grande Guerre, il photographie ses camarades de régiment, au front comme lors de sa convalescence après sa blessure. Il réalise alors beaucoup d’images, témoignant de ses expériences de guerre. Il publie ses premières photos dans un journal et gagne un concours de magazine, mais la plupart de ses négatifs et de ses plaques sont détruits pendant la révolution hongroise de 1918.


Il acquière alors une certaine notoriété locale qui le pousse à tenter sa chance à Paris. En 1923, Kertész rejoint la diaspora des émigrés hongrois, c'est à ce moment qu'il change son prénom pour André, équivalent français d’Andor. Il travaille régulièrement pour les grands noms de la presse illustrée, alternant portraits d'artistes et reportages. Une première exposition le consacre en 1927 à la galerie Le Sacre du Printemps. En 1928, il est un des premiers à faire l'acquisition d’un Leica, un nouvel appareil petit et maniable. Avec ce nouveau jouet il réalise en 1933 la surprenante série de nus féminins, « Distorsions », images saisies dans le reflet d'un miroir déformant. C’est à cette époque qu’il rencontre sa femme Elizabeth Sali.


Sa réputation établie et sans doute l'imminence du prochain conflit incitent Kertész à accepter en 1936 un contrat aux États-unienne pour le compte de l'agence Keystone de New York. Du fait de la montée du nazisme et de l'antisémitisme en Europe, le couple décide de rester provisoirement aux États-Unis. Le début de la Seconde Guerre mondiale compromet son retour en France, parce qu'artiste reconnu en France, il s'y était vu proposer la nationalité française. Il collabore avec différents journaux de 1937 à 1949. Mais en raison de ses difficultés à apprendre l'anglais et de son refus de s'adapter au marché commercial de la photographie aux États-Unis, il fait face à une incompréhension de son travail et ses reportages ne sont pas publiés. S'ensuit une période peu propice à la créativité hormis les photographies personnelles mélancoliques prises de sa fenêtre ou les évocations d'une liberté perdue entre l'orthogonalité des buildings. En 1963, une exposition à la Bibliothèque Nationale de France le remet sur le devant de la scène. Après la guerre et en particulier après le décès de son épouse, Kertész revient régulièrement en France…


On se rend compte aujourd’hui que l'œuvre d'André Kertész, issue de la fusion de différentes cultures, marque une profonde défiance vis-à-vis des doctrines. Éloignée du pictorialisme, elle est à la fois surréaliste et réaliste car marquée par une empathie pour autrui, une recherche de légèreté et de sensualité. Son influence sur toute une génération de photographes qui lui succèderont sera incontestable. Il décédera le 28 septembre 1985 à New York à l’âge de 91 ans.


Vous retrouverez sur ce site quelques-unes de ses images ainsi que différents liens vers des livres et des vidéos notamment http://www.atgetphotography.com/The-Photographers/Andre-Kertesz.html