Fan Ho


Fan Ho est né à Shanghai en 1937, très jeune il déménage avec sa famille vers Hong Kong au début des années 50. C’est cette ville étonnante qu'il commence à prendre en photo, en utilisant un Rolleiflex, un cadeau de son père. Ho a donc son premier contact avec la photographie très jeune, pour lui c’est un passe-temps, il arpente les rues et les ruelles portuaires de la ville de Hong Kong et va apprendre par lui-même. Ses photos affichent sans conteste une fascination pour la ville et l’urbanisme, il va prendre des taudis, des marchés et des rues, des marchands ambulants et des enfants à peine plus jeunes que lui. Il développe ses images dans la baignoire familiale et arrive bientôt, à la manière de Francesc Catala-Roca pour l’Espagne ou de Robert Doisneau pour la France, à disposer d’un véritable témoignage sur le Hong-Kong de la fin des années 50 et du début des années 60. Grâce à ses images on assiste à la fin d’une ville aux habitudes rurales et surtout à la naissance de Hong Kong, centre métropolitain majeur.


Fan Ho démontre dans son travail une très grande maîtrise de la composition, un sens aigu de l'abstraction, une gestion parfaite des hautes et des basses lumières car il affectionne le fort contraste lumineux. On se rend compte également qu’il a une forte attirance pour l’aspect graphique et géométrique qu’il exploite incroyablement bien à de nombreuses reprises. Outre la ville, ses prises de vues maritimes figurent également parmi les plus belles jamais réalisées à Hong Kong. Il y explore des sujets plus ancrés dans la tradition picturale comme les « shanshui » (mot chinois signifiant peinture traditionnelle de paysage). On dit d’ailleurs de lui qu’il est le Ansel Adams de Hong Kong. Ses clichés véhiculent des sentiments mitigés qui oscillent entre l’humanisme et l’abstrait, la photographie de rue et la photographie urbaniste. Son travail rend compte de la vie quotidienne et urbaine de Hong Kong.


Outre sa grande maîtrise pour l'abstrait finement contrasté, on remarque dans les photographies de Fan Ho, une certaine théâtralisation et une mise en scène qui créent des compositions particulières et produisent des images surréalistes. Cette approche est d'autant plus appuyée sur certains clichés volontairement déformés, à la lumière renforcée et à l’échelle revisitée qui donnent des perspectives altérées. Les photographies de Ho Fan sont tout sauf de la « pure photographie », bien au contraire il aime y ajouter des dimensions dramatiques et expressionnistes, en déformant volontairement les silhouettes par exemple. Il est aussi adepte de l’accentuation des zones d’ombres et de lumières, il mélange les négatifs, il étire les perspectives... Les photographies de Ho témoignent d'un grand amour pour son environnement et son histoire. La poésie est omniprésente dans son travail, et chaque prise de vue raconte une histoire. Qu’elles soient en noir et blanc ou en couleurs, les photos de Ho Fan ont une chose en commun : toutes possèdent les mêmes jeux de compositions et la même théâtralité, comme si tout au long de sa carrière son plus grand désir a été de créer une image d’un Hong Kong presque surréaliste. Mais cette sensibilité n’est si pas étonnante quand on sait qu’il est aujourd'hui principalement reconnu en Asie en tant que réalisateur et acteur accompli.


Son site vous permettra de découvrir une partie de son travail : http://www.modernbook.com/fanho.htm