Manuel Álvarez Bravo


Le photographe humaniste mexicain Manuel Álvarez Bravo est né à Mexico, le 4 février 1902. Son père, qui était professeur, se consacre dans ses temps libres à la peinture et à la photographie. C’est sûrement ce qui lui a donné le goût pour l’image. Après une formation comptable, Manuel est fonctionnaire dans différents organismes gouvernementaux. Puis dès 1915, il décide de se consacrer à la photographie et entame son parcours artistique en s'inscrivant à des cours du soir en peinture, à l'Académie d'arts de San Carlos, à Mexico en 1917. Malgré ces études, Álvarez Bravo est considéré comme un autodidacte. Son style se développe surtout grâce à l’étude de revues de photographie étrangères et locales.


Ses influences :

Sa première influence importante dans l'univers des images a lieu en 1923 grâce à la rencontre du photographe allemand Hugo Brehme, qui le pousse à acheter son premier appareil photo. En 1925, Álvarez Bravo obtient le premier prix à un concours local dans la ville d’Oaxaca. C'est ainsi que démarre l'histoire d'un des pères fondateurs de la photographie mexicaine. C’est en 1925 également, que Manuel Álvarez Bravo se marie à Lola Álvarez Bravo (Dolores Martinez de Anda de son vrai nom), elle devient photographe également et adopte le nom de son époux après leur mariage.

Manuel Álvarez Bravo est influencé par des photographes européens, tels que Edward Weston et Henri Cartier-Bresson, qui partagent son intérêt à tenter d’élever le mondain par la photographie. Effectivement ses fréquentations vont l’influencer politiquement et idéologiquement, ainsi il rencontre la photographe et militante révolutionnaire Tina Modotti, le peintre Diego Rivera et le peintre mural et illustrateur américano-mexicain Pablo O'Higgins... C’est indéniablement une part de leur « charisme social » que l’on retrouve dans son œuvre qui montre la culture et l'identité mexicaine.


Son style :

Manuel Álvarez Bravo fige la vie rurale et urbaine, la religion et les traditions. C’est pour cela qu’il est considéré comme faisant parti du courant des photographes humanistes. Son langage photographique a été axé sur son environnement immédiat et son patrimoine culturel. Les juxtapositions dans les photographies de Bravo sont similaires à celles des surréalistes en Europe. « Ladder of ladders, 1931 » est une composition suggérant une ascension spirituelle à partir d'échelles, de cercueils et d'un phonographe. Dans « The crouched ones, 1934 », Bravo nous propose la métaphore de travailleurs anonymes mexicains corvéables et asservis. Pour ce faire il les encadre assis sur des tabourets, dos au spectateur, par une ombre qui masque leur tête et une chaîne semble s'enrouler autour de leurs pieds.

En 1930, Tina Modotti est expulsée du Mexique à cause de ses sympathies communistes, Manuel Álvarez Bravo va alors continuer la poursuite du travail de la photographe en immortalisant les grands muralistes mexicains. A cette époque, il embrasse complètement la photographie et, en 1932, il présente sa première exposition à la galerie Posada. Il expose aussi avec le photographe français Henri Cartier-Bresson dans les salles du Palais de beaux-arts de Mexico. Il a participé à des expositions à Paris, entre autres, et vers les années 1940, se tourne aussi vers le cinéma. Il meurt le 19 octobre 2002 après avoir produit des images pendant 80 ans.


Pour visiter le site de Manuel Álvarez Bravo : http://manuelalvarezbravo.org/