Paola Mongelli


Qui est-elle ?

Paola Mongelli vit et travaille à Turin, après avoir obtenu son BFA à l'Académie d'Albertina des Beaux arts. Elle entreprend une recherche artistique personnelle sur la photographie en utilisant du film noir et blanc traditionnel et des processus de développements spéciaux en chambre noire. Elle prête une attention particulière à la matérialisation des images, qu'elle imprime personnellement en édition limitée. Elle peint une réalité chargée de valeurs affectives et émotionnelles, entretenant une relation d'empathie, de contemplation et de réflexion sur la condition humaine. Elle aime combiner les êtres et les éléments naturels afin de donner une dimension ambiguë qui fait que l’on ne sait plus si le sujet est l’individu ou le monde qui l’entoure. Son travail va du portrait, à la scène de rue, des images de nature à celles de voyages où elle aborde les thèmes des racines et de la famille.


Deux voyages extraordinaires :

Paola Mongelli visite le sud de Bénin et l'Afrique occidentale en 2005. Conduite par son désir personnel de se rapprocher de ses traditions et en particulier des danses tribales qu’elle pratique depuis plus de dix ans. Elle est accompagné par son professeur de danse Fatima Paola Casetta, grand connaisseur de la culture de ce pays. Elle va vivre chez l’habitant au contact des gens du pays, bénéficiant ainsi du privilège de partager avec eux les moments de la vie quotidienne. Son regard était émerveillé par la grâce et de la beauté des enfants, des adultes, des vieux, la force de leurs regards, le mystère de leur peau lumineuse et sombre au même temps. Les scènes de vie et les portraits spontanés qu’elle a faits pendant son séjour témoignent de l'émotion de ces rencontres. Le résultat artistique de cette expérience est une série de quarante-cinq clichés en noir et blanc exposés dans la galerie VisionQuest à Gênes en 2011. Les photographies ont été prises dans les villes de Cotonou, Abomey, Ouidah et Porto Novo, dans la région de Mono et les villages de Ganvié en un mois et demi.

Puis Paola Mongelli part en Inde entre novembre 2009 et janvier 2010. Elle résume ce voyage dans ce pays dans la phrase suivante : « Une nuit en plein soleil ». La lumière y est idéale pour une introspection, poussière, odeurs, sons, bruits, faim et mort s’y bousculent … Elle ramène de ce pays des clichés sombres et lumineux, des moments de vie intenses mais pourtant d’une banalité rare. Les scènes de la rue y sont violentes, tout vacille, contradictions, énergies archaïques et sentiment de paix en appartenance. Les Indiens y paraissent fatigués et résignés mais sont pourtant toujours en mouvements perpétuels dans la mécanique de leurs rituels. Les femmes sont parées, au charme lugubre et sensuel, à l’élégance déconcertante, aux bijoux achroniques à leur environnement ; symboles de leur richesse d’âme. Elle écrit sur son site qu’il est nécessaire aux indiens pour vivre, pas simplement d'exister mais de briller dans l'obscurité.


Le procédé Paola :

Paola se sert de films Kodak T-Max 100 et 400, le film noir & blanc le plus net et présentant le grain le plus fin au monde. Elle utilise une chambre traditionnelle avec des processus d'impressions sur des papiers soigneusement sélectionnés. Elle expérimente de nouveaux traitements de développements manuels avec le cyanure de fer de potassium. Chaque développement est une pièce unique, non reproductible. A la vue de ses images, après le premier impact émotionnel, la beauté, la composition souvent brillante, l'équilibre entre la lumière et l'obscurité des scènes et des portraits, on se rend compte qu'il y a quelque chose d'encore plus fort : Une intervention méticuleuse sur le rendu finale. Ce travail magistral des détails sur la lumière et les ombres met en évidence les mouvements et les gestes présents dans chaque prise de vue. C’est la touche de Paola Mongelli qui marque son besoin d'être en osmose avec les sujets qu’elle fige. Par exemple si l’on considère la photo de la femme au marché, elle seulement est fixée, l’environnement du marché est, lui, complètement flou. On réalise alors l'intervention précise de Paola sur chaque image, le travail très habile et soigneusement exécuté de post-production en chambre noire lors de l'impression. Les photographies montrant des blancs vifs et soutenus sont obtenues en marquant l'empreinte finale. Cette façon de développer ses photos est toujours la même, l'intervention sage et équilibrée associée au choix précis du papier pour l'impression. Le résultat final est d'une élégance raffinée, où le jeu des effets a tendance à disparaître dans l'image globale pour réapparaître quand on prête attention aux détails. On est alors captivé par la douceur des formes, l'intensité de la lumière aux contrastes presque baroques.


Découvrez le site de Paola Mongelli : http://www.paolamongelli.it/