Denise Colomb


La photographe française portraitiste Denise Loeb plus connue sous le pseudonyme de Denise Colomb est née à Paris le 1er avril 1902.

Elle est la sœur de Pierre Loeb qui possède une galerie renommée à Paris, et sera la grand-mère de Roland Cahen ainsi que la grand-tante de Caroline Loeb et d’Isabelle Weingarten. Denise fait sa scolarité au lycée Molière à Paris. Après des études de violoncelle au conservatoire de Paris, elle réalise ses premiers portraits lors d'un séjour en Indochine de 1935 à 1937, où elle accompagne son mari, Gilbert Cahen. Pendant la guerre, pour échapper aux rafles ordonnées par le gouvernement de Vichy, sa famille se réfugie dans la Drôme en 1943 à Dieulefit sous le faux nom de « Colomb ». Elle reprendra à partir de 1947 ce pseudonyme en tant que photographe.

Pierre, son frère, l'introduit auprès de peintres et de sculpteurs. C'est avec Antonin Artaud qu'elle débute, en 1947, une longue série de portraits d'artistes qu’elle photographie dans l’environnement intime et familier de leur atelier. À la suite d'Artaud, elle photographiera Nicolas de Staël, quelques mois avant son suicide, puis Giacometti, Picasso, assis dans l'escalier, Max Ernst devant les toits de Paris ou encore Sergio de Castro, quand il expose à la Galerie Pierre en 1954, celle de son frère. En 1948, Denise Colomb se rend aux Antilles, répondant à l'invitation d'Aimé Césaire qui, ayant découvert son travail photographique sur l'Indochine, lui confie sa première mission photographique professionnelle. Elle réalise son premier grand reportage pour le centenaire de l’abolition de l’esclavage. Grâce à lui, elle va participer à la mission dirigée par Michel Leiris aux Antilles françaises en 1948.

Qu'elle photographie des célébrités ou des anonymes, sa passion des visages sera le fil directeur de son travail. Parmi les nombreux artistes qu'elle a photographiés, on peut citer Yaacov Agam, Hans Arp, César Baldaccini, Jean Bazaine, Roger Bissière, Edouard Boubat et bien d’autres… Sa première exposition de portraits a lieu dans la galerie de son frère en 1957, suivie d’une autre au musée des Arts décoratifs en 1969. Elle a su montrer au travers de ses photographies dénuées d’artifice la solitude de l’artiste face à la création.

Si elle est connue pour ses portraits de personnalités du monde artistique réalisés pour la plupart dans les années 1959-1960, Denise Colomb prendra aussi de nombreuses photographies au cours de ses nombreux voyages en Inde, en Israël et en Europe. Ses portraits destinés à illustrer des carnets de voyage ethnographiques témoignent d’une curiosité et d’un respect constants pour les autres.

Elle collabore à diverses revues comme Le Leicaïste, Regards, Le Photographe ou Réalités et effectue des travaux de commande pour Point de vue, images du Monde comme « Le médecin de campagne à Paris », « Les cochers », « Les souterrains » ou « L’île de Sein ». Apparenté à l’esprit de la photographie humaniste de l’après-guerre, son travail s’inscrit dans la tradition française du réalisme poétique, pour laquelle la composition de l’image est tout aussi importante que l’intérêt porté à la condition humaine. Toujours à l’affût de nouvelles techniques pour ses recherches plastiques, elle a pratiqué le photomontage, la surimpression, la solarisation, notamment pour des nus féminins et des portraits.

Le 18 novembre 1991, elle fait don à l'État français de son œuvre d’un total de 52 000 négatifs, 2 600 tirages et de sa documentation personnelle. Depuis cette date, l'association Patrimoine photographique, sous la tutelle de la Direction de l'architecture et du patrimoine, conserve et diffuse le fonds Denise Colomb. Elle décède le 1er janvier 2004 à Paris.

Voici un site sur Denise Colomb : https://mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/artiste/denise-colomb


Quelques unes de ses photographies sont dans le portfolio :