Ferdinando Scianna


Ferdinando Scianna est né en 1943 à Bagheria, en Sicile. Il commence à prendre des photographies dans les années 1960 alors qu'il étudie la littérature. Après des études de philosophie et d'histoire de l'art à l'université de Palerme, Ferdinando Scianna publie en 1965 son premier recueil de photographies intitulé « Feste religiose in Sicilia ». Il lui permet de se faire connaître à l’âge de 21 ans ! Ce livre est réalisé en collaboration avec son ami l’écrivain Leonardo Sciascia. L’ouvrage rend compte de la ferveur des manifestations religieuses en Sicile, dans une esthétique proche du néoréalisme italien. Il a d’ailleurs également permis au photographe de recevoir une mention au Prix Nadar de 1966.


En 1967, il s'installe à Milan puis commence à travailler pour le magazine hebdomadaire L'Europeo en tant que photographe et journaliste, avant de rejoindre Paris en 1973, en qualité de correspondant du journal. Multipliant les reportages pour la presse, Ferdinando Scianna n’en continue pas moins de photographier passionnément la Sicile, livrant des images à la fois lumineuses et sombres, reflétant l’ambivalence qui caractérise son rapport au territoire où il est né, mélange d’attachement vibrant et de détachement lucide.


Dans les années 1970, il collabore avec des journaux français en écrivant des articles dans Le Monde diplomatique et La Quinzaine littéraire sur divers sujets : la photographie bien sûr, mais aussi la politique et la culture. En 1977 a lieu la double publication « Les Siciliens » en France, et « La Villa dei Mostri » en Italie, ouvrage consacré à la légendaire Villa Palagonia, située dans sa ville natale de Bagheria.


Après avoir fait la connaissance d'Henri Cartier-Bresson, il entre en 1982 à l'agence Magnum Photos, dont il devient membre à part entière en 1989. Ce fut un moment décisif dans la vie du photographe et un tournant car l’imaginaire photographique de Ferdinando Scianna n’existerait pas sans Leonardo Sciascia, Jorge Luis Borges, Henri Cartier-Bresson, Claude Ambroise, Mario Giacomelli, Milan Kundera, Elliott Erwitt, Paola Bergna et d’autres encore, photographes ou écrivains notamment. Car Scianna est féru de littérature, il attache un intérêt particulier aux livres, supports naturels de ses photographies, qu’il aime accompagner d’un texte de l’un de ses amis écrivains. Lui-même ayant toujours évité pudiquement d’expliquer ses images.


Sollicité par les deux créateurs de la marque Dolce & Gabbana, alors inconnue à cette époque, Ferdinando Scianna s’essaye à la photographie de mode dès 1987. Marpessa est son premier modèle, qu’il photographie dans les rues de Sicile, puis plus tard dans d’autres coins du monde. De cette rencontre naît aussi un livre, Marpessa, témoin de la passion qui l’anime dans l’exercice de la mise en scène, tout autant que dans le reportage. Puis Scianna reprendra l’exploration des rituels religieux avec « Viaggio a Lourdes » paru en 1995. Deux ans plus tard, il réalise un recueil de portraits de Jorge Luis Borges, le livre paraîtra en 1999. Puis il produits des albums sur les enfants du monde, ce qui débouchera sur l’exposition « Niños del Mundo », puis il étudiera les dormeurs avec « Dormire Forse Sognare ». Enfin en 2002, Scianna a achevé « Quelli di Bagheria », un livre sur sa ville natale en Sicile, dans laquelle il tente de reconstituer l'atmosphère de sa jeunesse à travers des écrits et des photographies de Bagheria et de ses habitants.


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