Stanley Kubrick


Vous connaissez tous Stanley Kubrick, cet immense réalisateur, scénariste et producteur américain né le 26 juillet 1928 dans la ville de New York à Manhattan, et décédé le 7 mars 1999 dans son manoir de Childwickbury. Considéré par beaucoup comme l’un des plus grands cinéastes de tous les temps, avec une collection de chefs-d’œuvre parmi ses réalisations tels que « 2001, l’Odyssée de l’espace », « Shining , « Orange mecanique » ou « Full Metal Jacket ». Le réalisateur prête une grande attention aux détails qu’il met au service d’un réalisme unique, il est aussi réputé pour l’utilisation évocatrice de la musique. Enfin il est connu pour être un perfectionniste exigeant qui apporte un soin minutieux à sa mise en scène…


Mais ce que vous ne savez peut être pas est que Kubrick, longtemps avant de devenir ce célèbre réalisateur, a débuté sa carrière en tant que photographe pour le magazine Look. En effet, son premier amour artistique est la photographie quand âgé de 13 ans, son père lui offre son premier appareil photo, un Graflex, et l’initie à l’art du développement-maison. Stanley est un enfant qui n’aime pas l’école mais qui est déjà persuadé que pour être quelqu’un, il va lui falloir être le meilleur. La photographie supplante bientôt la musique jazz et les échecs dans la liste de ses passions. Le regard de cet enfant du Bronx perçait déjà les gens, leur douceur, les moments de grâce, leurs failles, ou bien leur instantanée noirceur.


A 17 ans, nous sommes en avril 1945, le magazine Look finit par lui acheter pour 25 dollars l’un de ses clichés. Il s’agit de la photographie d’un vendeur de journaux à l’air effondré, alors que les journaux annoncent la mort de Franklin D. Roosevelt. La rédactrice en chef l’engage alors comme photographe indépendant. Pendant quatre ans, il est derrière l’objectif et tire le meilleur de ses clichés, apprenant le métier de photographe de terrain, il prend parfois des centaines de photos pour n’en retenir qu’une seule ! Très attiré par la street photography, il réalisé à partir de 1946 des séries de photographies autour du métro de New York (série « Life and Love on the New York Subway ») , de ses rues et d’autres lieux comme les parcs d’attractions ou les cirques… Il couvre des sujets variés et traine son objectif chez les traders, les boxeurs, dans les clubs de jazz, les écoles ou les gares… Par exemple en 1947 il sort un superbe reportage sur les aventures de Mickey, douze ans, cireur de chaussures originaire de Brooklyn. Le récit est marqué par une série de photographies qui apportent au reportage une architecture cinématographique en proposant des vues incroyables de New York. Mais c’est réellement avec la série « Prizefighter » (Le professionnel) que Kubrick va s’offrir un pont d’or vers le cinéma. Ce photoreportage raconte une journée de la vie du boxeur Walter Cartier, la star du Bronx. Une inspiration évidente pour son tout premier court métrage de 1951 : « Day Of The Fight », un portrait de Cartier de seize minutes, filmé au 35 mm.


Plus de 15 000 de ses clichés sont visibles sur les archives du Museum of the City of New York : http://collections.mcny.org/