Cecil Beaton


Cecil Beaton, est un photographe de mode et de portraits britannique. De son vrai nom Sir Cecil Walter Hardy Beaton, il est né à Hampstead, à Londres, le 14 janvier 1904, dans une famille de riches négociants. Son père avait repris l’affaire familiale de bois et était acteur amateur à ses heures perdues, c’est ainsi qu’il rencontra sa femme alors actrice. Cecil est élevé par sa nurse qui possède un appareil photo et qui lui en montre les rudiments. En 1916, à l’âge de 12 ans, il se voit offrir un appareil photo et ses premières images seront celles de ses sœurs, Nancy et Barbara.

Durant sa scolarité, Beaton étudie l’histoire, l’art et l’architecture au collège St John de Cambridge et continue la photographie en parallèle. Ainsi, bien qu'il vienne d'une « famille de classe moyenne sans prétention » et qu'il ne soit ni universitaire, ni sportif, Beaton trouve le moyen de se distinguer. Cela a été en grande partie dû à Eggie Hine, son maître d’art très influent qui a traité Beaton comme son favori et l'a encouragé à devenir un exposant à la Royal Academy. Cependant, Beaton a connu un succès plus immédiat dans ses performances d’acteur, remportant à deux reprises le prix de lecture Lady Bourchier et prenant invariablement le rôle principal féminin dans les pièces produites par la société dramatique de sa maison.


Beaton artiste multicarte :

Pendant son séjour à Cambridge, Cecil Beaton a rejoint le club amateur dramatique et la société Marlowe, qui jouissaient d’une grande notoriété à l’époque, attirant régulièrement des auditoires de Londres et recevant des critiques dans les quotidiens nationaux. Ayant acquis une position centrale au sein de ces groupes, il a acquis une réputation pour ses performances dans ses rôles féminins et, de manière plus durable, pour ses conceptions de décors et de costumes. Tout au long de son séjour à Cambridge et à son retour à Londres, il a tout mis en œuvre pour assurer la publicité de lui-même et de sa famille. Il a assisté à des soirées et a rejoint sa mère au sein de comités de bienfaisance et y a pris beaucoup de photos. Son développement artistique et social a été simultané et indissociable. Beaton s'est donné beaucoup de mal pour refaire le monde à l'image de son idéal. Se présentant comme un « esthète », il explore son identité à travers une série d'activités créatives de plus en plus publiques. Il s’est alors établi comme photographe, artiste et illustrateur et concepteur de décors, de costumes et d’intérieurs domestiques, et aussi comme écrivain et acteur amateur. Côté vie privée, Beaton n’avait jamais caché son homosexualité, il a des relations avec un certain nombre d’hommes mais également avec quelques femmes, dont Greta Garbo.

Se plaçant au centre de la société à la mode des années 1920, Beaton devient un membre éminent du « Bright Young People » et photographie le monde fastueux d’une génération de jeunes favorisés, d’héritières et d’artistes. Mais en 1925, il quitte le collège sans diplôme et son père le fait travailler dans l’affaire familiale mais cela ne dure que peu de temps. Entre-temps, Cecil Beaton constitue un album qui lui permet de faire une première exposition dans une galerie à Londres en 1926 et de se faire connaître. Cecil Beaton a un œil esthétique brillant qui, combiné à son personnage théâtral, à son ambition impitoyable et à son penchant pour le progrès social, va le maintenir au travail, nous allons le voir, pendant plus de soixante ans. Des jeunes mondains à Andy Warhol et aux Rolling Stones, des années 1920 à Twiggy, Beaton a chevauché le XXe siècle et enregistre ses héros, ses starlettes, ses modes et ses goûts.

En novembre 1927, Beaton organisa sa première vraie exposition de photographies, de dessins et de conceptions théâtrales aux Cooling Galleries, Bond Street. L’éventail des modèles présentés a montré à quel point il avait progressé socialement et artistiquement. Malgré le hasard et la simplicité de ses matières brutes, Beaton avait perfectionné son instinct théâtral pour en faire quelque chose de très sophistiqué, ce qui lui permettait de trouver un équilibre parfait.


Succès à l'étranger et Commission royale

Il signe un contrat avec la version britannique du magazine Vogue en 1931 et travaille également pour la revue de mode Harper’s Bazaar et sera photographe pour Vanity Fair. La carrière de Beaton en tant que photographe de mode découle naturellement de son travail de portraitiste de société et s’épanouit sous le patronage de Vogue, d'abord à Londres et à Paris, puis à New York. Dans les années suivantes, l'appartement de Condé Nast accueillera notamment les séances photographiques de Beaton pour Lee Miller et Marion Morehouse. Son association avec Vogue lui fournit la base nécessaire pour faire une entrée remarquablement rapide dans la société américaine. C’est Nast qui a détaché Beaton de son bien-aimé Kodak 3A, en insistant sur l’adoption d’un appareil photo professionnel à plaque 8 x 10 pouces. Une nouvelle caméra et un nouveau continent lui ont permis de prendre un nouveau départ, et il a adopté de nouveaux paramètres et accessoires, et a expérimenté de nouveaux formats.

L’impact de l’Amérique sur la vie et l’art de Beaton se révéla plus certainement lors de sa deuxième visite dans le pays en novembre 1929. Sa principale réalisation à cette occasion serait de photographier des stars de cinéma à Hollywood pour Vanity Fair, le magazine sœur de Vogue. Travaillant loin de son studio habituel et de ses ressources, et avec les téléspectateurs qui ont l'habitude de faire face à l'objectif, Beaton a adopté de nouveaux paramètres et accessoires, et a expérimenté de nouveaux formats. Ses portraits de cette période et des années 1930 révèlent une confiance croissante dans les gros plans du visage, souvent fortement modelés par des contrastes de lumière et d'ombre, ainsi que par l'incorporation croissante de motifs floraux. Ces tropes confèrent aux images immédiateté et fraîcheur et peuvent même exprimer les tentatives du photographe pour répondre plus directement aux personnes qui se trouvent en face de lui. Pourtant, à y regarder de plus près, ils ne conservent pas tout à fait la qualité naturelle qu'ils suggèrent. L’esthétique de Beaton est restée extrêmement astucieuse, voire artificielle, et a fréquemment fait des signes de tête vers le surréalisme. Il commence également à se faire connaître au-delà des frontières, notamment en France où il photographie Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, ses amis intimes, Jean Cocteau et Pablo Picasso. Puis, il part outre-Atlantique pour immortaliser les plus grandes stars hollywoodiennes de l’époque : Greta Garbo, Johnny Westmuller, Frank Sinatra, Marlon Brando à l’aube de sa carrière, Audrey Hepburn, Grace Kelly, ou encore Marilyn Monroe…

Le succès que Beaton remporta dans les années 1930 atteignit son apogée lorsqu'il fut convoqué à Buckingham Palace en 1939 pour photographier la reine Elizabeth. L’événement a été un grand succès en soi, avec les éloges de la presse pour les photographies, mais aussi le point de départ pour que Beaton devienne le photographe royal de choix, puisque Cecil Beaton devient le photographe officiel de la famille royale d’Angleterre. C'est lui qui a photographié la princesse Elizabeth dans son uniforme de colonel honoraire des Grenadier Guards en 1942 et qui a été choisi pour enregistrer son couronnement en 1953.


Travail de guerre et vie tardive

En 1940, Beaton est nommé photographe officiel du ministère de l'Information. Spécialement choisi par Sir Kenneth Clark pour injecter dans le visuel un style et une substance esthétiques, il a reçu des affectations qu’il n’aurait peut-être jamais envisagées autrement, d’abord chez lui, puis dans le monde entier, de la Méditerranée et du Moyen-Orient (1942) à Inde et Chine (1943-1944).

Les portraits qu’il a alors pris en eux-mêmes ont étendu sa gamme, au-delà du glamour et du grand rendu aux enfants et aux vieillards que Beaton décrivait avec clarté et sensibilité. En septembre 1940, Life porta en couverture le portrait d’Eileen Dunne, victime de Blitz, âgée de trois ans, présenté par Beaton. L'urgence de la guerre laissa à Beaton moins d'occasions de se préparer à la mise en scène d'une photographie, mais son instinct pour le drame l'aida à découvrir et à capturer des coups de théâtre sur le terrain. Ayant beaucoup voyagé pendant une décennie et ayant fait son propre reportage, il a rapidement choisi un motif mémorable, comme dans le plafond d'une caserne de pompiers brisé par les obus ou les restes de chars sur un champ de bataille. Toujours opportuniste, il a également utilisé les bâtiments bombardés de la ville de Londres comme toile de fond pour un shooting de mode, créant ainsi des images aussi surprenantes et surréalistes que celles qu'il avait déjà eu la peine de créer en studio.

Tout au long de la guerre, Beaton resta très actif, photographiant pour Vogue et pour le ministère, et concevant à la fois pour la scène et pour l'écran. Son développement graduel en tant que concepteur pour la scène et l'écran a pris son envol à la fin de la guerre des deux côtés de l'Atlantique. Ses contributions aux versions cinématographiques des comédies musicales Gigi (1958) et My Fair Lady (1964), de Lerner et Loewe, lui ont valu des Oscars et lui ont valu une renommée. Les films lui ont également donné de nouvelles muses sous la forme de Leslie Caron et Audrey Hepburn. Beaton a continué à travailler pour Vogue pendant les années cinquante et soixante, participant à sa dernière séance pour le Vogue britannique en 1973.

En 1974, il a une attaque qui le laisse paralysé du côté droit mais y remédie en apprenant à écrire de la main gauche. Afin de continuer à subvenir à ses besoins, il vend une partie de ses portraits à en 1977 et en 1980 dans la célèbre salle de ventes Sotheby’s. Cecil Beaton meurt à l’âge de 76 ans à Reddish House, Broad Chalk, dans le Wiltshire, le 18 janvier 1980.


Vous pouvez retrouver pas mal d’images de Cecil Beaton sur http://www.artnet.com/artists/cecil-beaton/


Quelques unes de ses photographies sont dans le portfolio :