Irving Penn


Irving Penn est né le 6 juin 1917 dans le New Jersey, c’est l’un des plus grands photographes américains, considéré comme le plus grand photographe de mode de son époque et également célèbre pour ses portraits. De l'enfance d'Irving, on ne sait pas grand chose, sinon qu'il est né dans un état de la côte Ouest des États-Unis et que son frère, plus jeune de 5 ans, est Arthur Penn, le metteur en scène de Bonnie and Clyde (1967) et de Little Big Man (1970). A 17 ans, en 1934, il se dirige très tôt vers le monde des arts, en choisissant d’aller juste après sa graduation au Philadelphia Museum of Industrial Art. Là-bas, il passe 4 ans à l’apprentissage du dessin, de la peinture et apprend le design avec Alexey Brodovitch, le déjà mythique directeur artistique de Harper's Bazaar et qui le restera jusque dans les années 1950. En parallèle de sa vie d’étudiant, il commence à collaborer avec le magazine Haper’s Bazaar, illustrant des articles sur la mode. A la sortie de l’école, il se lance dans le design, tout en prenant en main un outil qui ne le lâchera plus, l’appareil photo. Mais l’année 1940 est aussi celle où Irving accepte le poste de directeur artistique d'un grand magasin de la 5eme avenue, une boutique prestigieuse de Manhattan. Il y restera un an avant de tout plaquer pour aller peindre au Mexique, il y restera pendant un an du côté de Mexico. Puis il part servir sous les drapeaux en Italie puis en Inde durant la Seconde Guerre mondiale…

A son retour en 1943, il se voit offrir une place au magazine Vogue, sa rencontre avec Alexander Libermann, alors directeur artistique de Vogue, marque le début d'une collaboration qui ne cessera qu'à sa mort. Lorsque l’ancien élève en design, attiré par la peinture, doit superviser les couvertures du magazine, il dessine des croquis avant de comprendre qu’aucun photographe ne fera selon ses envies. Il s’empare alors d’un Rolleiflex et s’y met lui-même. Il réalisera environ 160 couvertures en cinq ans. La première, une nature morte en couleur composée d'un gant, d'une ceinture et d'un élégant carnet de notes, date de 1943. C'est pour Vogue, grâce à Edmonde Charles-Roux, qu'il commence sa célèbre série de portraits « Les petits métiers ». Les premiers paraîtront dans Vogue France en juin 1951. C'est le début de son activité commerciale, qu'il ne reniera jamais, mais aussi de son travail de recherches, dont il ne montrera les fruits qu'avec parcimonie et sur le tard.

Dès la fin des années 40, son style commence à se démarquer. Pas de top-modèles qui sautent en l’air, pas de décors extravagants, pas d’instants décisifs, pas de dents blanches éclatantes… Avec Irving Penn, le minimum est le maximum quand il tire le portrait des plus grands personnages de l'époque devant un arrière plan au fond grisâtre, sans relief, d'une grande austérité et avec une source de lumière unique. Irving note que paradoxalement, ce cadre se révèle bénéfique, car relaxant pour ses modèles. De plus pour assoir son style, il a recours pour ses tirages à une ancienne technique qui n'a plus cours et qu'il fait revivre. Il ressuscite le tirage au platine, plutôt que d’utiliser le conventionnel grain d'argent. Les détails et les rendus n'ont plus rien à voir, Le style Irving Penn est né ! Sa technique ne changera plus jamais, et au contraire, s'étendra même à tous les sujets venant poser devant son objectif : des natures mortes, aux mannequins, en passant par les ethnies de lointains pays qu'il ira photographier avec son matériel entre 1948 et 1971. Rien de débridé, de tapageur, d'improvisé, ni même de vaguement spontané pour celui qui est toujours resté dans son studio, quitte à transporter son royaume au Pérou, en Espagne, au Népal, au Cameroun, en Papouasie ou au Maroc.

Il épouse la suédoise Lisa Fonssagrives en 1950, avec qui il aura un fils, Tom. Lisa est sa femme et sa muse dans toute sa maigreur chic et son port hautain si années 50. La plus belle de toutes les top-modèles disait-on. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Lisa en 1992. La cote d’Irving ayant monté à partir de 1951, il exécute des portraits pour des commanditaires du monde entier. Il photographie de nombreuses personnalités du 20ème siècle (peintres, musiciens, danseurs, écrivains…). Lui qui n'avait principalement côtoyé que le beau, le luxe, se penchera vers la fin de sa vie vers le monde en putréfaction : poubelles, détritus, rebuts, qu'il tirera aussi au platine. Il meurt le 7 octobre 2009, âgé de 92 ans, dans son appartement new-yorkais de Manhattan. Il laisse une œuvre considérable pouvant passer pour disparate, mais où l'obsession pour la lumière et la perfection de la composition sont des constantes. Ce que l’on retrouve dans les quelques 200 portraits qu’il nous a laissé.

Pour découvrir une infime partie du travail d’Irving Penn, je vous recommande la visite de http://www.artnet.com/artists/irving-penn/ ou de http://www.npg.org.uk/irvingpenn/index.htm