Vincent Lafargue


L’image, une passion depuis longtemps :
Vincent Lafargue est né en 1975, il vit aujourd’hui à Paris. C’est un appareil photo offert à 10 ans par son grand père qui fut le déclencheur de sa passion pour l’image. Aujourd’hui Vincent n’a plus cet appareil, mais il se souvient qu’il s’agissait d’un boîtier argentique Olympus assez simple. Par contre il garde en mémoire l'image de son grand père, qui était quelqu’un de perfectionniste qui voulait toujours que tout soit parfait et qui passait un temps fou sur chacune de ses photos. Vincent se souvient également des nombreux albums photo qu’il réalisait, il se disait à l’époque que la photographie était un magnifique moyen de fixer le temps. Rapidement il se plonge dans le bain révélateur des images et apprend les règles essentielles de la composition tout en admirant les grands maîtres du noir et blanc comme Robert Doisneau ou Henri Cartier Bresson. Autodidacte, il commence à découvrir peu à peu les possibilités de cet appareil, en parallèle il lit aussi pas mal de livres techniques sur la photographie afin d'apprendre le plus possible. Puis il apprendra en regardant les clichés de grands maîtres comme Doisneau, Cartier Bresson, Ronis ou Riboud. Aujourd’hui il affectionne aussi des photographes de sa génération comme Parr, Denis Darzacq ou Floriane de Lassé. A l'adolescence il franchit le pas en se mettant réellement à la prise de vue, depuis cette époque, son matériel a évolué et Vincent développe aussi ses propres goûts. Aujourd'hui, la photographie fait partie intégrante de sa vie. Humble il me confiera lors d’une interview : « Je suis complètement autodidacte, je n'ai jamais suivi le moindre cours. Du coup, je ne suis probablement pas le meilleur des photographes d'un point de vue technique, mais en compensation, j'ai appris à regarder et à mettre de la passion dans ce que je fais. »


Formes, lignes et géométrie :
Réduire l’œuvre de Vincent à la seule photographie urbaine serait prendre un grand raccourci car il fait aussi dans le portrait, l’animalier, la photographie sous-marine ou le paysage. D’ailleurs il pratique aussi bien en couleurs qu’en noir et blanc mais ceux sont ses monochromes qui ont attire mon attention. Son univers nous invite aux voyages proches ou lointains, urbains ou exotiques... Effectivement Vincent a la chance de pouvoir beaucoup voyager et en profite pour ramener des images. Ainsi il promène ses appareils un peu partout dans le monde : Birmanie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Liban, Malaisie, USA, Portugal, Singapour, Sri Lanka, Thaïlande ou le Canada cet été... Ces voyages, bien que personnels, car il n’est pas photographe professionnel et ne vit pas à son grand regret de cela, donnent parfois lieu à des travaux d'expositions ou de ventes. Mais je pense que sur l’ensemble de ses images, les prises de vue d’architecture marquent sa vraie passion. En fait c’est dans l’urbanisme au sens large qu’il trouve son mode d'expression le plus fort. Il souligne tout de même qu’au-delà dans l’architecture ou l'urbanisme, ce sont surtout les formes et la géométrie qui l'attirent. D’ailleurs il dit à ce propos : « Surtout, j'aime l'idée qu'un sujet simple, un angle, une ligne de fuite ou un contraste, puisse être un sujet d'expression. D'une certaine façon, il y a aussi quelque chose de l'ordre de l'obsession dans l'idée de traquer ces lignes de fuite. » Justement quand on observe les clichés en N&B de Vincent, on remarque que le format carré conditionne assez bien son travail sur la rigueur, les lignes, le graphisme. Le cadre en lui-même devient une partie à part entière dans ses images. Cela donne aussi l’idée d’une photo pouvant se lire indépendamment du sujet, dans les deux sens. Enfin il est séduit par l’idée du cadre qui resserre l’œil sur son sujet. Ses photos sont souvent une recherche de l’épure, il tente souvent de vider les éléments parasites pour mettre en valeur ce qu’il souhaite et uniquement cela, le carré va dans ce sens. Enfin c’est aussi le travail avec un boîtier moyen format 6x6 qui l’a orienté vers le choix de ce format.


Image et traitement :
Vincent Lafargue travaille aussi bien en argentique qu’en numérique, chaque outil lui permettant de s’adapter à des besoins différents. L'argentique lui permet d’obtenir certains rendus recherchés dans son travail sur les lignes. La beauté d'un beau noir et blanc graphique ou d'un portrait en argentique est unique. C'est aussi l'authenticité, le moment décisif sans multiplication des possibilités de faire la bonne photo, c'est une exigence. Le numérique lui, il le juge comme un compagnon plus pratique au quotidien, c’est une possibilité de travailler de manière plus créative en étant acteur du résultat final pour exprimer une esthétique, un point de vue. Le numérique permet, selon lui, d'être plus dans la création que dans le reportage. Son sac photo se compose d’un ensemble assez large avec trois boîtiers : un Rolleiflex et deux Canon, le 5D et le G11 qui lui sert exclusivement à la photographie sous-marine. Au niveau objectif pour son 5 D, on retrouve le 24-105mm, le 85mm F1,2 le 100mm macro F2,8, le 50m F1,4 et le 27-200mm F2,8 plus un pied et un flash. Et toujours pour la photographie sous-marine, un caisson étanche à 60m et un gros flash INON sur bras articulé.


Pour ceux qui veulent découvrir le travail de Vincent Lafargue, voici son site http://www.vincentlafargue.fr/